Grèves et syndicats

Grèves et syndicats : l’esprit socialiste

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Grèves et syndicats : l’esprit socialiste

 

La vie des Américains de l’entre-deux-guerres est à double face. D’un côté, la politique soutient généralement une classe aisée qui profite de l’essor des entreprises. Le plan Mellon (1923) en est un exemple des plus choquants. Le projet de loi de ce banquier secrétaire au trésor de 1921 à 1932 sous Harding, Coolidge et Hoover, consistait en une réduction de 50% à 25% des impôts des plus riches et une réduction de 3% à 4% des plus bas. Le plan Mellon fut tout de même voté.

D’un autre côté, des centaines de milliers d’ouvriers travaillent dans des conditions déplorables. Ils demandent à travailler moins d’heures et exigent qu’on les paie suffisamment. Dans une époque où l’immigration est importante, les employeurs peuvent se permettre d’offrir un bas salaire à la multitude de sans métier qui cognent à la porte de leur entreprises. Les nouveaux arrivants sont souvent contraints d’accepter un emploi de nuit dans une usine auxiliaire illégale de textile, où les enfants comme les adultes s’échinent pour presque rien.

 

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L’histoire racontée par le peuple ne sera pas la même que celle des politiciens. On pourrait croire à une certaine reconnaissance des droits des travailleurs sous Roosevelt, si l’on cite des décisions comme l’établissement de la semaine de quarante heures, l’imposition du salaire minimum fixe à 25 cents de l’heure ou le travail interdit aux enfants. Toutefois, il ne fallait pas se leurrer, car ce salaire minimum était relativement bas tandis qu’un grand nombre d’entreprises n’appliquait pas ces mesures – et si elles ne possédaient pas tout simplement des ateliers illégaux clandestins pour contourner la loi. Le gouvernement réussit tout de même à construire une façade de réforme suffisamment convaincante pour calmer la révolte.

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Car la révolution était palpable. Au début du siècle, un syndicat international, l’IWW (Industrial Workers of the World) rejoignait les travailleurs espérant un avenir d’équité et de justice sociale. Les idéologies socialiste, marxiste et communiste faisaient facilement écho chez les travailleurs qui se rendaient compte que la fortune de leur employeur prendrait le pas sur leur condition de travailleur. Toutefois, l’IWW trop radical, n’a pas officiellement survécu, car ses leaders auront été faits prisonniers ou mis à mort par le gouvernement. Mais les idées et les moyens promus par l’IWW auront fait leur chemin dans la tête des travailleurs : les grèves éclatent indépendamment de ce que l’AFL, ou les autres syndicats recommandent après concertation avec les employeurs. Trop soumise aux dirigeants d’entreprises, la population se mobilise d’elle-même et revendique ses droits au cours de grèves générales extraordinaires.

 

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Ce vent de socialisme ralentira progressivement pour différentes raisons. Les leaders seront pointés du doigt comme étant des communistes, des terroristes ou des immigrants qui ne sont pas les bienvenus. L’économie se relèvera tranquillement tandis que les timides concessions faites par le gouvernement rassureront une population qui bientôt, sera complètement occupée encore une fois à l’effort de guerre.

 

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Date de dernière mise à jour : 2012-03-22

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